Indifférentes aux (variations de) prix du baril de pétrole, les énergies renouvelables poursuivent leur développement

By on 14/11/2016

Alors que le prix du baril de pétrole ne cesse de varier, passant du simple au quintuple et inversement, les investissements dans les énergies renouvelables (EnR), eux, poursuivent depuis quelques années leur progression sans ce soucier de ces inconstances. De quoi infirmer la théorie qui voudrait que la chute des cours soit néfaste au développement des EnR ?

De plus de 140 dollars en 2008, le prix du baril s’était effondré, en 2009, à moins de 40 dollars, avant de doubler et de s’établir autour de 100 dollars. Entre 2014 et 2015, il dévisse encore, jusqu’à toucher un nouveau plancher, à moins de 30 dollars, en janvier 2016. Les incertitudes qui planent sur le niveau de l’offre de pétrole à venir expliquent cette forte volatilité des cours, qui affole les marchés depuis 2014. Mais qui dit pétrole moins cher, ne dit-il pas baisse des investissements en direction des énergies renouvelables (EnR) ? Une équation qui semble, au premier abord, logique : dans un contexte de pétrole plus cher, il apparaît cohérent de se tourner vers les sources d’énergies alternatives aux hydrocarbures, et vice versa. De nombreux exemples, dont celui du Kazakstan, viennent pourtant contredire ce modèle.

Une absence de corrélation entre le prix du pétrole et les investissements dans les EnR

Alors que les cours du brut atteignaient encore des prix élevés durant les années 2012 et 2013, les investissements dans les EnR avaient chuté en Europe. Inversement, alors que les cours du brut n’ont jamais été aussi faibles que depuis 2014, les investissements dans les EnR ont progressé de 16% cette même année, pour atteindre, en 2015, 286 milliards de dollars à travers le monde – soit plus du double de ceux réalisés en direction des centrales à charbon et à gaz (130 milliards de dollars en 2015). Une croissance du renouvelable, portée majoritairement par les pays en développement, où les investissements ont connu une croissance de +19% par rapport à 2014 et ont atteint 156 milliards de dollars. En d’autres termes, il est difficile d’établir une corrélation entre le prix du pétrole et l’intensité des investissements en direction des EnR. Comment expliquer cette décorrélation ?

Tout d’abord, les investissements dans les EnR s’inscrivent dans le long terme, exigent une préparation minutieuse et, surtout, tiennent compte de deux facteurs dont la survenue est inéluctable : la diminution des ressources conventionnelles de pétrole, d’une part, et d’autre part l’inexorable croissance démographique de la population mondiale. Autrement dit, les investissements d’aujourd’hui ne seront pas perdus demain. La transition énergétique aura bien lieu.

Autre élément d’explication, l’implication des Etats dans le subventionnement des EnR, qui assure leur compétitivité et les met à l’abri des aléas des marchés. Une compétitivité qui augmente avec le temps et l’expérience accumulée, ce qui rend les énergies renouvelables d’autant plus attractives lorsque le prix des énergies fossiles est à la baisse. Enfin, les EnR ne sont pas des concurrentes directes du pétrole, notamment sur le marché de l’électricité, où le pétrole ne contribue qu’à un petit 5% de la production électrique mondiale.

Seule ombre au tableau, le secteur automobile. Si le prix à la pompe baisse durablement, le consommateur peut être enclin à bouder les véhicules électriques, qui perdent de leur intérêt face aux moteurs à explosion. Un raisonnement à court terme, pourtant : le pétrole finira immanquablement par manquer, et les impératifs de lutte contre le changement climatique promettent de beaux jours à la voiture électrique. Autant d’arguments théoriques qui pourraient, comme trop souvent en matière de développement durable, rester lettre morte, mais dont s’inspirent pourtant certains pays pour décider de leurs politiques énergétiques.

Au Kazakhstan, ce n’est pas le prix du pétrole qui influe sur les investissements dans les EnR

Quelle que soit l’évolution des cours du pétrole, le Kazakhstan poursuivra activement le développement des énergies renouvelables dans les décennies à venir – et c’est son ministre de l’Energie qui le promet, que le baril s’envole à 120 dollars ou qu’il s’effondre à 20 dollars. Une promesse en l’air ? Il n’en est rien, si l’on en croit l’intégration progressive, mais résolue, de sources d’énergies renouvelables dans le mix énergétique kazakh. La République du Kazakhstan peut déjà compter sur une cinquantaine de sites produisant de l’énergie renouvelable, et les projets d’avenir sont nombreux : d’ici à 2010, les autorités entendent doter leur pays de plus de vingt centrales solaires, d’autant de centrales à éoliennes et de plus de dix centrales hydro-électriques.

Le pays s’est également engagé sur une réduction des gaz à effet de serre (GEZ) de l’ordre de -15% à l’horizon 2030, un effort qui pourrait même être porté à -25% par rapport aux GES émis en 1990. Des enjeux qui seront au cœur de l’exposition « Astana EXPO 2017 », qui aura précisément pour thème « l’énergie du futur ». Un raout mondial, auquel devraient participer plus de 100 pays, mais également 17 organisations internationales et plusieurs millions de visiteurs. Quels que soient les soubresauts futurs du prix du pétrole, l’ère des énergies renouvelables semble ouverte pour de bon, y compris dans certains pays pourtant historiquement très attachés à l’or noir.

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