La croissance en Côte d’Ivoire attire les PME françaises

By on 21/06/2018
Côte d'Ivoire

La politique économique menée en Côte d’Ivoire continue de porter ses fruits. Une croissance rapide et une nette amélioration du climat des affaires lui ont permis de faire reculer la pauvreté, gagner le soutien international et attirer les investissements étrangers. Aujourd’hui, c’est au tour des PME mondiales, notamment françaises, de se presser pour investir dans la locomotive de l’Afrique de l’Ouest.

Avec un taux de croissance d’environ 8 % depuis 2012, la Côte d’Ivoire s’inscrit indiscutablement dans le peloton de tête des pays à forte croissance dans le monde. Résultat : les regards des principaux investisseurs internationaux sont braqués sur le pays d’Alassane Ouattara. En mars dernier, la Côte d’Ivoire a bouclé la plus importante opération financière menée par un État africain depuis le début du siècle. Elle a émis 1,7 milliard d’euros d’Eurobonds répartis en deux tranches distinctes pour un montant égal.

« Cette émission a permis — dans le contexte de volatilité des prix des matières premières que notre pays a subi, particulièrement pour le cacao — de mettre en exergue la résilience de l’économie ivoirienne fondée sur la diversification de sa base productive », a déclaré le Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly.

Les grands projets d’infrastructure et les réformes structurelles ont également permis d’attirer de nombreuses sociétés étrangères, telles que les Américaines Archer Daniels Midland et McCann-Erickson, les suisses Novartis et Nestlé, sans oublier les Françaises EDF, Société Générale, Michelin, Total ou encore Engie.

 

La France cède du terrain en Côte d’Ivoire

Mais le tour est désormais aux PME du monde entier, comme ont pu le constater les neuf spécialistes s’étant rendu à Abidjan du 5 au 8 mai derniers dans le cadre d’un voyage organisé par la Société Générale et la banque publique Bpifrance afin de favoriser le développement des PME hexagonales en Afrique. Ils ont cependant été prévenus dès leur arrivée : en Afrique, en effet, « ce n’est plus comme il y a vingt ans, quand il suffisait de se dire Français pour capter l’attention : il faudra vous battre ! »

Un véritable défi alors que la France continue de céder du terrain, surtout au profit de la Chine. En 2016, le géant asiatique est devenu le premier fournisseur de la Côte d’Ivoire, avec 17,9 % de parts de marche, contre 12,9 % pour l’Hexagone. Mais les Chinois ne sont pas les seuls concurrents des Français. Ceux-ci doivent également faire face aux entrepreneurs turques, marocains, italiens ou espagnols. Sans oublier les PME africaines elles-mêmes, nouveau socle du développement économique du continent.

C’est bien sûr une excellente nouvelle pour les Ivoiriens, mais cela ne peut que compliquer la tâche des Français, qui doivent aussi tenir compte de certaines « complexités locales : un temps de développement très long qui nécessite de s’armer de patience, un cadre réglementaire à géométrie variable et, surtout, la difficulté à monter des financements dès lors qu’on met le cap sur une région jugée instable économiquement et politiquement », résume le quotidien Le Monde, qui a également accompagné la délégation française à Abidjan.

 

Continent clé

Cela dit, le jeu en vaut largement la chandelle. « Toutes les projections montrent que l’Afrique sera le continent clé pour la croissance du monde de demain », répète inlassablement Bruno Mettling, nouveau patron des filiales africaines du groupe Orange. À condition toutefois de développer des solutions de crédit export pour les PME françaises et de s’adapter aux réalités africaines, ajoute-t-il.

Pour Pedro Novo, directeur des finances export de Bpifrance, la simplification doit également être de mise. « S’internationaliser implique des financements, mais également une gestion du risque et un changement d’organisation managériale. C’est une stratégie qui implique préparation et patience », explique l’expert dans les pages de Jeune Afrique.

Selon la Banque mondiale, les perspectives économiques ivoiriennes pour les deux à trois prochaines années « restent bonnes ». Et Alassane Ouattara a d’ores et déjà annoncé qu’il fera tout pour encourager les investissements étrangers directs. Voilà qui devrait encourager les PME du monde entier à se tourner vers la Côte d’Ivoire. Les efforts des entreprises tricolores ne font manifestement que commencer.

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