La French Food Tech à la conquête du monde

By on 22/10/2018

En France, tradition rime avec innovation. C’est en tout cas la conviction de nombreuses startups hexagonales qui souhaitent profiter de la tradition culinaire française pour révolutionner le monde de la FoodTech. A l’image de Zume, soutenue par SGH Capital et son président, Alexandre Azoulay.

Au pays de la gastronomie, « la cuisine n’est pas seulement pour se nourrir, mais une source de plaisirs infinis », affirme Michael Steinberger, éminent critique gastronomique pour le New York Times. Dans un livre célèbre, l’Américain s’inquiétait pourtant de voir « la crise économique, politique et sociale […] atteindre ce domaine clé de l’exception culturelle française ». La baisse du nombre de cafés, ainsi que la disparition de certains fromages ou la chute de la consommation de vin étaient pour lui des signes troublants.

Mais la gastronomie n’a pas dit son dernier mot, grâce à la FoodTech, soit « l’ensemble des entrepreneurs et des startups du domaine alimentaire (de la production au consommateur final) qui innovent sur les produits, la distribution, le marché ou le modèle économique », selon la définition qu’en donne DigitalFoodLab, une structure qui accompagne des entreprises dans ce domaine.

Le secteur est en pleine croissance. En effet, les 472 startups FoodTech françaises « ont levé 317 millions d’euros depuis 2013, avec une multiplication par 3 des montants investis entre 2015 et 2016 », révèle le rapport « La FoodTech en France : 2013-2017 », première étude hexagonale sur ce marché. Pour DigitalFoodLab, la France, « qui se veut le pays de la gastronomie et qui dispose de nombreux grands industriels dans l’agroalimentaire et la distribution » est en mesure de faire émerger des innovations FoodTech uniques au monde.

La main à la pâte !

Certains industriels ont d’ores et déjà mis la main à la pâte. Fondée en 2015 par Alex Garden et Julia Collins, Zume Pizza ne cesse de faire parler d’elle outre-Atlantique. Cette jeune pousse californienne s’est dotée d’une équipe de robots pour préparer des pizzas. Ils s’occupent d’appliquer et d’étaler la sauce sur la pâte ou encore d’insérer les pizzas dans le four. Mais ce n’est pas tout : équipés de fours automatisés, les camions de livraison permettent de cuire les pizzas pendant la livraison. Résultat, elles arrivent toujours fraîches et chaudes à destination. Enfin, grâce à des algorithmes de machine learning, la plateforme Ratio by Zume permet à la startup de prévoir les commandes et calculer les temps de livraison, ce qui réduit considérablement l’attente pour les clients.

« Où en sera Zume dans 10 ans ? », se demande Brittain Ladd dans les pages de Forbes. S’il est encore tôt pour le dire, l’expert en stratégie d’affaires a tout de même une idée : « Grâce à sa plateforme Ratio et à son modèle d’affaires, Zume peut réinventer la chaîne d’approvisionnement alimentaire du cultivateur à la table. Par exemple, Zume peut ouvrir et exploiter un vaste réseau d’économats capables de préparer différentes recettes. Les chaînes de restaurants pourraient même faire appel à Zume pour préparer leurs recettes, ce qui permettrait aux consommateurs de commander leur plat préféré », s’enthousiasme l’expert.

Alexandre Azoulay : « Appliquer l’innovation à tous les secteurs »

La société, qui a bouclé un tour de table de 48 millions de dollars, fait partie du portefeuille de SGC Capital, « le plus américain des nouveaux fonds français de venture », comme le décrivent Les Echos. En effet, SGH Capital est « en transit entre la Silicon Valley et Paris », à l’image de son fondateur et président, Alexandre Azoulay. « Serial entrepreneur », ce diplômé d’HEC, IEP et Harvard est à l’origine de Sequoia, Wijet, ou encore Superdrome, les véhicules de tourisme avec chauffeur. Son credo : appliquer l’innovation à tous les secteurs à la fois en France et sur la côte ouest des États-Unis.

Cela tombe bien. Aujourd’hui, « non seulement les start-up françaises n’ont jamais levé autant de fonds, mais elles n’ont surtout jamais été si nombreuses à y parvenir », s’enthousiasme Les Echos. Pour le quotidien économique, la French Tech doit désormais changer d’échelle en faisant émerger des leaders tech mondiaux.

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