Crédit Mutuel Arkéa : l’unité n’est-elle pas préférable ?

By on 18/01/2019
Crédit Mutuel Arkéa - le journal économique

Au regard des risques encourus par la banque bretonne, de son incapacité à fournir un projet viable aux autorités bancaires et des propositions faites par la Confédération nationale du Crédit Mutuel, l’unité semble être la meilleure solution, notamment pour les sociétaires et salariés d’Arkéa.

Après Standard & Poor’s, c’est au tour de Moody’s de s’inquiéter du dossier Arkéa. Lundi 14 janvier, l’agence de notation s’est alarmée d’une éventuelle prolongation du contentieux entre la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM) et sa banque affiliée, Arkéa, qui cherche à obtenir son indépendance depuis plusieurs années, ce que refuse sa tutelle, au nom de l’unité.

Il y a tout juste un an, Standard & Poor’s avertissait déjà Arkéa du danger que pouvait représenter une scission. Au point d’anticiper une rétrogradation de sa note financière. Un sacré handicap pour la banque bretonne, qui, si elle devenait indépendante, intégrerait de plain-pied un environnement concurrentiel hostile. Sans être armée pour.

1,7 milliard pour préjudice subi

Un avertissement réitéré également par la CNCM pendant de nombreux mois, avant que celle-ci ne décide de « clore le dossier », en décembre dernier, les dirigeants d’Arkéa ne jouant pas le « jeu » de la concertation. En effet, d’après Nicolas Théry, le président de la Confédération, celle-ci a proposé à sa filiale bretonne une « solution de désaffiliation », en juin dernier, à laquelle cette dernière n’a pas répondu. Préférant rédiger de son côté un projet d’indépendance, sans en faire part à sa tutelle.

« Le conseil d’administration de la Confédération constate qu’il n’a été saisi d’aucun projet de désaffiliation. Si les dirigeants du Crédit Mutuel Arkéa voulaient persister dans leur projet de sécession, il leur appartiendrait de déposer un projet de désaffiliation intégrant les demandes de l’organe central », a fait valoir la CNCM début janvier.

Et parmi ces demandes, il en est une qui devrait pousser Arkéa à réfléchir sérieusement sur ses désirs d’indépendance. Car la Confédération, en cas de scission, demanderait à son ancienne filiale de s’acquitter d’une note d’1,7 milliard d’euros, au titre des indemnités pour préjudice subi.

Le Crédit Mutuel devant effectivement « recréer un réseau en Bretagne et en Aquitaine [la fédération du Massif Central souhaitant rester sous pavillon mutualiste, ndlr], [et] compenser l’ensemble des coûts de l’opération liés au conflit et à la désaffiliation », indiquait-il en décembre dernier. Or, le Crédit Mutuel Arkéa n’a pas les ressources nécessaires pour régler la facture, puisqu’il a dégagé, en 2017, un produit net bancaire de 2 milliards d’euros, et un bénéfice net de 428 millions d’euros « seulement ».

Unité du Crédit Mutuel

Pas franchement l’idéal, quand on souhaite se lancer « à son compte », de débuter avec une telle épine dans le pied. D’autant que la perte du statut mutualiste inhérente à la prise d’indépendance d’Arkéa, et considéré par de nombreux experts comme étant un « véritable rempart face aux crises financières », pourrait être fatale à la banque, et par conséquent à ses salariés et sociétaires.

Ainsi, pour éviter une pluie de licenciements — mais également sauver l’épargne de quelque 3 millions de personnes —, la CNCM a proposé aux dirigeants bretons qu’ils restent dans son giron, tout en acceptant de revoir ses statuts pour leur offrir une plus grande liberté de mouvement. Ce que Jean-Pierre Denis, le patron d’Arkéa, réclame depuis toujours.

Le Crédit Mutuel semble ainsi prêt à passer l’éponge sur des mois, voire des années de « conflit inutile » selon lui. L’apaisement et la continuité, c’est ce que prônent également les agences de notations, et même les autorités financières et politiques françaises. Sans succès pour le moment…

L.B

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