Egypte : priorité à la jeunesse

By on 01/04/2019

Dans un pays comprenant 23 millions de jeunes de moins de 30 ans, la jeunesse fait figure de priorité pour le président Sissi. Ce dernier vient, à ce titre, d’inaugurer une plateforme dédiée à la jeunesse arabe et africaine, tout en incitant son gouvernement à faciliter l’entrepreneuriat des jeunes égyptiens.

Une « Plateforme de la jeunesse arabe et africaine » : samedi 16 mars, le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi a inauguré, près d’Assouan en Haute-Égypte, la première édition de cet événement rassemblant quelque 1 500 jeunes, venus du Moyen-Orient et du continent africain. L’occasion pour eux de parler de l’avenir de la recherche scientifique et des soins de santé, ou encore de débattre de l’impact des nouvelles technologies sur leurs pays respectifs.

Divers ateliers, tables rondes et séminaires étaient organisés au cours du weekend, dans le but revendiqué de rapprocher « les jeunes leaders prometteurs et les décideurs et responsables politiques ». L’idée de cette plateforme inédite avait été avancée par le président Sissi à la fin de la seconde édition du Forum mondial de la jeunesse, qui s’est déroulée en Egypte en novembre dernier. Elle se concrétise alors que le chef d’Etat égyptien vient de prendre la présidence tournante de l’Union africaine (UA), une première pour son pays depuis la création de l’instance en 2002.

Une jeunesse dynamique

La jeunesse est, il est vrai, l’une des grandes priorités du président égyptien, qui peut compter sur le volontarisme des premiers concernés. Dynamiques, les jeunes égyptiens débordent d’idées pour imaginer l’Egypte de demain. C’est ce que démontrait, déjà en 2017, un concours organisé par la Banque mondiale, à l’issue duquel une dizaine de candidats sur la centaine qui s’était manifestée a été sélectionnée. L’une d’entre eux, May Nagy, a à cette occasion déclaré que « l’Egypte a été le théâtre d’une véritable révolution depuis quelques années, avec l’apparition de multiples initiatives et plateformes qui s’efforcent de soutenir les projets de jeunes entrepreneurs ».

Un gouvernement pro-start-up

Aider les jeunes à lancer leur entreprise, c’est aussi le but de l’initiative « Fekretak Sharketak » (« Ton idée, ton entreprise »), lancée par le ministère égyptien de l’Investissement, qui a pour ambition d’encourager les jeunes pousses prometteuses, grâce à des tutorats et des enveloppes financières pouvant atteindre l’équivalent de 22 700 euros. Installés dans la pépinière du Greek Campus, dans le centre du Caire, près de 120 entrepreneurs bénéficient d’ores et déjà de ce cadre propice à l’imagination.

« Le gouvernement n’a jamais autant soutenu les start-up que depuis ces derniers mois », abonde dans les pages du Point Ahmed Alfy, le fondateur du Greek Campus, selon qui les autorités, ne pouvant elles-mêmes créer des entreprises ex nihilo, aident « les gens à en créer en leur donnant des outils ». Sur le modèle du Greek Campus cairote, un autre espace de coworking est en train de voir le jour à Assiout, en Haute-Égypte, ses locaux étant déjà loués pour une bouchée de pain par les autorités aux jeunes désireux d’entreprendre. Si de nombreux efforts restent encore à consentir pour émanciper la jeunesse égyptienne, une véritable dynamique entrepreneuriale semble bien à l’oeuvre dans le pays.

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