Le déploiement international des jeunes pousses françaises

By on 12/03/2020

L’écosystème digital français s’impose de plus en plus dans un contexte international toujours autant concurrentiel. Un mouvement d’internationalisation des start-up françaises se dessine et une majorité de leurs revenus sont d’ores et déjà générés à l’étranger, selon une étude réalisée par EY pour France digitale. Si les acteurs du Next40, comme OVH, Doctolib ou encore Blablacar sont évidemment des références, d’autres start-up, comme le réseau social Yubo tirent aussi leur épingle du jeu.

En chiffres : la FrenchTech veut conquérir le monde 

Les conclusions de l’étude EY pour France Digitale sont sans appel. Les start-up hexagonales poursuivent leur internationalisation. En 2017, 56 % de leur chiffre d’affaires était ainsi réalisé à l’étranger, contre 54 % en 2017, 50 % en 2016 et 43 % en 2015. Une croissance continue qui concorde avec leur implantation croissante dans des pays étrangers. En 2017, 3/4 des 293 répondants pouvaient se targuer d’au moins un bureau à l’étranger. Très logiquement, ce taux augmente en fonction du chiffre d’affaires. Si l’implantation à l’étranger n’était que de 32 % pour les start-up ayant un chiffre d’affaires compris entre 0 et 5 millions d’euros, il grimpe à 78 % pour celles dont le chiffre d’affaires s’inscrit dans la tranche 5 à 50 millions d’euros. Et, étrangement, retombe légèrement à 75 % pour les acteurs dont le chiffre d’affaires dépasse les 50 millions d’euros annuels.

Mais c’est surtout au niveau des investisseurs que le processus d’internationalisation est le plus significatif. En 2017, 39 % des start-up étaient financées par au moins un fonds d’investissement étranger. Un taux qui grimpe à… 100 % pour les jeunes pousses dont le chiffre d’affaires dépasse les 50 millions d’euros. Les levées de fonds records des plus gros acteurs s’inscrivent d’ailleurs dans cette tendance. En mars 2019, Doctolib a bouclé une levée de fonds à 150 millions d’euros auprès du fonds General Atlantic et de ses investisseurs historiques. En juin 2017, OVH a obtenu l’ouverture de lignes de crédit à hauteur de 400 millions d’euros, auprès de ses investisseurs historiques et surtout, ce qui explique la somme record, de l’américain JPMorgan Chase. Déjà, bien avant, en septembre 2015, BlaBlaCar levait 177 millions d’euros auprès, là encore, de deux fonds américains (Insight Venture Partners et Lead Edge Capital). Les marchés privilégiés sont, logiquement, les plus matures. Avec en tête de liste, les États-Unis qui concentrent l’essentiel des projets d’implantation à l’étranger.

Évidemment, le Next40 est sans doute le plus gros pourvoyeur de start-up à vocation internationale. C’est d’ailleurs le sens même de cet indice d’un nouveau genre pour lequel la puissance publique devrait se mobiliser avec un accompagnement spécifique de l’État et, entre autres, une visibilité accrue dans les voyages des officiels français à l’étranger et des correspondants privilégiés dans beaucoup d’administrations et services publics, tout en créant un environnement réglementaire et administratif propice. Mais ces acteurs ont aussi un rôle social important. En effet, les acteurs de la FrenchTech devraient être en capacité de générer 25 000 emplois en 2019, soit 10 % des emplois en net. Les objectifs du gouvernement sont ambitieux et visent 25 licornes d’ici 2025.

Yubo, Colonies, Les Grappes… le Next40, mais pas que

Mais le Next40 n’est pas le seul créateur de start-up à fort développement international. La plateforme sociale Yubo, par exemple, créée en France par Sacha Lazimi, Jérémie Aouate et Arthur Patora en 2015, regroupe plus de 25 millions d’inscrits, dont environ 95 % à l’étranger, majoritairement aux USA, au Royaume-Uni, en Scandinavie ou encore en Australie. La jeune start-up aspire par ailleurs à poursuivre son « expansion dans certaines zones géographiques particulièrement stratégiques, comme le Japon ou le Brésil », comme l’a expliqué Sacha Lazimi au magazine Entreprendre. Et, bien évidemment, sans négliger le marché français où Yubo compte environ 1 million d’inscrits. Récemment, c’est la startup Colonies, un des acteurs français du coliving, qui a levé 11 millions d’euros pour développer de nouvelles résidences en France et en Europe. Autre exemple, celui des WineTech, qui aident les consommateurs à s’acculturer au vin. Symbole de la culture française, elles poursuivent leur conquête des marchés internationaux, comme Les Grappes, qui aspirent à s’implanter à Madagascar et Hong-kong.

Sur un tout autre segment, les Digital Native Vertical Brand, du nom de ces jeunes acteurs qui se sont lancés dans la vente en ligne de produits ultraspécialisés, comme le Slip français, représentent aussi des atouts majeurs. Concentrés à 60 % dans le secteur de l’habillement, elles s’intéressent à un public ciblé et sont en capacité de conquérir des publics très demandeurs de l’expertise à la française.

Réussir le pari de l’internationalisation est souvent délicat pour de jeunes entreprises. Pourtant, une tendance positive semble se dessiner au sein des acteurs de la FrenchTech pour porter l’expertise française dans le monde entier.

 

 

 

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