Démarchage : SFAM dit stop, d’autres jouent sur la peur du Coronavirus

By on 26/03/2020
démarchage

Alors qu’un grand nombre d’activités commerciales est à l’arrêt en raison du confinement, le démarchage abusif lui, persiste.

Début 2020, le courtier SFAM annonçait fièrement mettre fin au démarchage téléphonique. Une décision saluée par les consommateurs Français, qui ne cessent, depuis plusieurs années, de manifester leur ras-le-bol à l’encontre de cette pratique, qu’elle se fasse par téléphone ou à domicile.

On aurait pu croire qu’avec le confinement décrété par le gouvernement pour endiguer la propagation du coronavirus dans l’Hexagone, les consommateurs allaient pouvoir souffler. Que nenni. Malgré les interdictions en vigueur, certains n’hésitent pas à frapper aux portes afin d’abuser les consommateurs.

Coronavirus, les escrocs s’adaptent

En jouant sur la peur liée au coronavirus, ces escrocs à l’imagination débordante s’attaquent à leurs cibles privilégiées : les séniors. Prétendant être employés par la commune, chargés de la désinfection des logements ou vendeurs d’attestations pourtant gratuites, ils savent y faire. « Le ou les auteurs sont généralement vêtus de manière adaptée à la fonction qu’ils prétendent détenir, souvent en uniforme », précise la gendarmerie de Libourne, récemment alertée de la présence d’un démarcheur très louche dans la région. « Désinfecter un foyer pour cause de coronavirus, c’est du jamais vu ! En tout cas je n’ai pas eu connaissance de ce type d’effraction avant que ça arrive chez nous ! », déplore le capitaine de la gendarmerie, dans les colonnes du Figaro.

En période de confinement, les arnaques n’ont pas uniquement lieu en présentiel : le 18 mars dernier, le centre hospitalier Samuel Pozzi de Bergerac (Dordogne) a ainsi mis en garde les habitants de la région, via sa page Facebook, contre « des appels malveillants » passés auprès de personnes âgées, en son nom. « Les appelants indiquent que des personnels de l’hôpital vont passer à leur domicile pour vérifier qu’elles disposent bien du matériel médical nécessaire à leur maintien à domicile », prévient l’hôpital.

Vers une interdiction du démarchage ?

Une triste réalité qui symbolise les dérives liées au démarchage et dénoncées depuis plusieurs années maintenant, notamment par l’association de consommateurs l’UFC Que Choisir, qui milite pour une interdiction pure et simple du démarchage téléphonique. Quand d’autres demandent l’interdiction du démarchage sous toutes ses formes.

Le nouveau médiateur de l’énergie — opérant dans un secteur particulièrement touché par ce fléau —, Olivier Challan Belval, a quant à lui proposé d’interdire le démarchage à domicile : « J’ai été frappé par le nombre de consommateurs qui me signalent des abus de toutes sortes concernant le démarchage, et plus particulièrement celui pratiqué à domicile. Il est inadmissible que des consommateurs se retrouvent avec des contrats de fourniture d’énergie qu’ils n’ont pas compris, voire qu’ils n’ont jamais signés ! », a-t-il ainsi déploré en février dernier.

« J’estime qu’il est nécessaire de frapper fort afin que les sociétés qui encouragent des pratiques malhonnêtes ne puissent plus nuire au marché de l’énergie des particuliers en trahissant leur confiance », a-t-il poursuivi. Dans le viseur des autorités : Eni et Engie, régulièrement rappelés à l’ordre et même sanctionnés pécuniairement, tant par le médiateur que le gendarme de la concurrence, la DGCCRF.

Fin 2019, la DGCCRF a ainsi infligé une amende de 900 000 euros à Engie, après une enquête de deux ans ayant mis « en évidence des manquements de la part d’Engie quant aux obligations réglementaires visant à protéger les consommateurs dans le cadre d’un démarchage téléphonique ». Plus récemment, en février 2020, Eni a pour sa part écopé d’une amende de 315 000 euros, pour ne pas avoir « donné suite à la demande d’exercice du droit de rétractation de consommateurs qui souhaitaient annuler des contrats de fourniture conclus notamment dans le cadre d’un démarchage à domicile ». Si ces montants semblent dissuasifs, ils sont critiqués par de nombreux consommateurs qui dénoncent des sommes ridicules au regard du chiffre d’affaires annuel des deux énergéticiens.

Dès lors, face à tant d’abus, pourquoi ne pas simplement interdire cette pratique ? « Je ne me fais pas d’illusion. Pour les fournisseurs, c’est le seul moyen de capter de nouveaux clients, et la volonté politique va se heurter à des lobbys », déplore le médiateur de l’énergie. Une triste réalité, qui restera incomprise des consommateurs s’estimant abandonnés par les pouvoirs publics.

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