Jacques Ehrmann, l’homme providence de la gestion immobilière d’entreprise ?

By on 27/07/2016

Entrepreneur ? Agent immobilier de luxe ? Chef d’entreprise ? Innovateur ? Business developer ? Jacques Ehrmann est un peut tout ça à la fois, tout en étant autre chose : un intrapreneur, soit un homme qui entreprend au sein des entreprises. Retour sur le parcours, de son propre aveu « atypique », du vainqueur du Trophée du directeur immobilier 2016, remis par l’Association des Directeurs Immobiliers.

Qu’ont en commun la chaîne d’hôtels de luxe Le Méridien, Euro Disney, le Club Méditerranée, le groupe Casino et le groupe Carrefour ? Derrière tous ces succès français, on trouve la patte d’un homme : Jacques Ehrmann. Des succès qui ne passent pas inaperçus. Il reçoit ainsi en 2015, de la part du Conseil National des Centre Commerciaux (CNCC), le trophée de la Personnalité de l’année.

Egalement lauréat, le 22 juin dernier, du trophée du Directeur immobilier 2016 remis par l’Association des Directeurs Immobiliers, il confessait lui-même sa surprise pour ce choix « très atypique », se définissant comme un « business developer » et un « touche-à-tout ». Pourtant, ce prix ne doit rien au hasard : il célèbre des années de valorisation et de développement des divers portefeuilles immobiliers dont il a assuré la gestion au fil de sa carrière.

Au milieu des années 90, il a remis Disney sur les rails, avec l’iconoclaste Philippe Bourguignon. Le succès leur permettra même de lancer un 2ème parc à thème, le Walt Disney Studios. Ehrmann porte ensuite secours au Club Med, alors en perte de vitesse. Via le programme Alcudia, il opère une montée en gamme des villages qui sauvera le groupe, et donnera par la suite naissance au Club Med Gym – un franc succès en région parisienne.

Ehrmann doit une partie de son succès au recours à une nouvelle technique encore peu usitée à la fin des années 90 : les externalisations. Mais plus largement, son parcours lui assure une vision « globale », qui touche à toutes les typologies d’actifs immobiliers : logement, hôtellerie, restauration, centre de conférences, commerce… Méthodique, il classe, analyse, étudie tous les aspects du parc dont il dispose afin d’y chercher de nouveaux vecteurs de valorisation.

« Nous avons déterminé trois catégories d’actifs : l’immobilier stratégique (les murs d’hypermarchés et de supermarchés), l’immobilier de rendement avec les galeries marchandes sur lesquelles nous avons un potentiel de création de valeur important et l’immobilier banalisé, bureaux et entrepôts que nous n’avions pas vocation à conserver dans notre patrimoine », détaillait-il en 2003, tout juste nommé directeur général des activités immobilières et expansion du groupe Casino. Une analyse qui va donner naissance à la SIIC Mercialys.

Cette foncière de centres commerciaux sera la première entrée en bourse d’une société foncière à Paris depuis 1987. Elle a depuis remarquablement résisté à la crise et délivré des performances nettement supérieures à celles de ses deux concurrentes que sont Unibail-Rodamco et Klépierre. Jacques Ehrmann explique ainsi son succès : « Mercialys est la moins chère des trois foncières spécialisées dans les centres commerciaux. Ce qui constitue un facteur de stabilité et de fidélisation de nos locataires pendant les périodes de crise comme celle nous venons de traverser en 2009 mais offre également un potentiel de croissance important pour les prochains exercices. »

Et à le croire, la croissance de la SIIC (10%) n’est pas près de s’arrêter : « Mercialys gère un portefeuille de 2.500 baux d’une durée moyenne de dix ans, ce qui signifie que 10% d’entre eux arrivent à échéance chaque année. Soit les baux sont renouvelés, soit la surface du magasin est recommercialisée auprès d’un nouveau locataire avec, dans les deux cas une revalorisation du loyer. Ce travail alimente notre croissance organique. »

Après dix années passées chez Casino et sept ans à la tête de Mercialys, il change d’enseigne et devient directeur exécutif, chargé du patrimoine, du développement et des nouvelles activités du groupe Carrefour en 2013. Intrapreneur jusqu’au bout, il marque l’entreprise de sa patte en y créant la société immobilière Carmila, dont il est PDG depuis 2014. A 55 ans, Jacques Ehrmann se lance dans une nouvelle aventure. Avant la prochaine ?

 

About La Rédaction

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *