La France poursuit sa réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais le rythme demeure inférieur à celui nécessaire pour atteindre ses objectifs climatiques. D’après le dernier baromètre du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), les émissions nationales pourraient atteindre 349,4 millions de tonnes équivalent CO2 en 2026, contre 359,4 millions en 2025.
Cette diminution de 2,8 % représenterait une amélioration par rapport à l’année précédente, marquée par une baisse de 2,1 %. Elle reste toutefois en deçà des ambitions françaises en matière de décarbonation.
Les résultats sont également contrastés selon les périodes. Au premier semestre 2026, les émissions ont reculé de 4,1 % par rapport aux six premiers mois de 2025. Mais cette tendance devrait nettement ralentir au second semestre, avec une diminution estimée à seulement 1,3 %.
Ces chiffres restent provisoires. Ils reposent sur les données disponibles pour les premiers mois de l’année et sur des prévisions concernant la fin de 2026.
Le bâtiment et les transports contribuent fortement à la baisse
La réduction des émissions repose principalement sur deux secteurs : les bâtiments et les transports.
Dans le résidentiel et le tertiaire, les émissions ont chuté de 12 % au premier semestre. Cette évolution s’explique notamment par une moindre consommation de gaz naturel pour le chauffage, la production d’eau chaude et la cuisson. Sur l’ensemble de l’année, le Citepa anticipe une diminution de 5,9 % des émissions du secteur.
Les transports connaissent également une baisse significative. Leurs émissions devraient diminuer de 4,8 % en 2026, soit près de 5,9 millions de tonnes équivalent CO2 évitées par rapport à 2025. Cette évolution est notamment liée au recul de la consommation de carburants, avec des ventes de gazole en baisse de 7,3 % au premier semestre.
Le transport reste néanmoins le principal secteur émetteur de gaz à effet de serre en France, avec environ 117 millions de tonnes équivalent CO2 attendues cette année.
Dans l’industrie manufacturière, la diminution serait plus modérée, autour de 1,8 % sur l’ensemble de 2026. Certaines activités enregistrent des progrès, tandis que d’autres connaissent une hausse de leurs émissions.
À l’inverse, le secteur de la production d’énergie pourrait voir ses émissions augmenter cette année, notamment en raison d’un recours plus important à certaines installations de production d’électricité au second semestre.
Des efforts supplémentaires nécessaires pour atteindre les objectifs de 2030
Malgré cette baisse générale, la France reste légèrement au-dessus de la trajectoire prévue par sa troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), adoptée en juillet 2026.
Pour cette année, la feuille de route gouvernementale fixe un niveau indicatif de 348 millions de tonnes équivalent CO2. Avec les 349,4 millions de tonnes actuellement anticipées, le dépassement serait d’environ 1,4 million de tonnes.
L’écart pourrait paraître limité, mais les efforts à accomplir restent importants. Pour respecter son objectif de réduction de 50 % des émissions brutes en 2030 par rapport à 1990, la France doit accélérer sa transition. La stratégie nationale prévoit notamment des diminutions de 5,7 % en 2027 et de 6,1 % en 2028.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a salué les progrès constatés, tout en reconnaissant que leur ampleur restait insuffisante. De son côté, le Réseau Action Climat appelle à accélérer les transformations structurelles de l’économie, afin de réduire durablement la dépendance aux énergies fossiles.
Car une partie de la baisse observée en 2026 résulte de la hausse des prix des carburants et de la diminution de certaines consommations énergétiques. Pour atteindre ses engagements à long terme, la France devra également s’appuyer sur des investissements durables dans la rénovation des bâtiments, les mobilités moins émettrices et la décarbonation des activités industrielles.






