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La Norvège se positionne à l’avant-garde des technologies de capture et de stockage du carbone grâce à un projet innovant. Ce projet, baptisé Longship, vise à réduire les émissions industrielles de CO2 en Europe. À travers une collaboration entre Equinor, Shell et TotalEnergies, la première injection permanente de CO2 a été réalisée avec succès. Le dioxyde de carbone a été transporté par bateau depuis une cimenterie en Norvège, puis injecté dans un réservoir sous-marin à plus de 2 600 mètres sous la mer. Cette avancée marque une étape cruciale dans la lutte contre le changement climatique.
Une infrastructure unique en Europe
Le projet Northern Lights représente la première infrastructure transfrontalière au monde dédiée au transport et au stockage de CO2 pour des émetteurs tiers. Intégrée au programme Longship, cette initiative phare du gouvernement norvégien vise à développer une chaîne de valeur complète pour la capture, le transport et le stockage permanent du CO2 issu des émissions industrielles. La phase initiale de développement offre une capacité de stockage annuelle de 1,5 million de tonnes de CO2, toutes réservées aux clients.
Le partenariat entre Equinor, Shell et TotalEnergies, qui détiennent conjointement Northern Lights, a permis de construire les installations de stockage à Øygarden et l’infrastructure offshore. Equinor, en tant que fournisseur de services techniques, continuera à gérer l’usine de stockage. En 2025, le projet s’étendra pour couvrir le transport et le stockage de CO2 au-delà de la Norvège, intégrant également des volumes en provenance du Danemark et des Pays-Bas.
Vers une augmentation de la capacité
La phase 1 du projet, financée à 80 % par le gouvernement norvégien, marque le début d’une initiative ambitieuse. En mars, Northern Lights a approuvé une extension visant à augmenter la capacité de transport et de stockage de CO2 à au moins 5 millions de tonnes par an, grâce à un accord avec Stockholm Exergi. Cette expansion permettra d’améliorer l’infrastructure existante, avec de nouveaux réservoirs de stockage terrestre, des pompes, un quai, des puits d’injection et des navires de transport de CO2 supplémentaires pour des taux et volumes d’injection plus élevés.
Un soutien financier de 153 millions de dollars a été accordé par le Connecting Europe Facility for Energy pour cette extension. Les responsables du projet expriment leur enthousiasme à l’idée de continuer à développer des capacités supplémentaires, renforçant ainsi le rôle de la Norvège dans la transition énergétique mondiale.
Un modèle pour la coopération internationale
Le projet Northern Lights illustre la puissance de la coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique. Avec le soutien du gouvernement norvégien et en étroite collaboration avec des partenaires industriels, le projet est passé de la conception à la réalité. Cette réussite démontre la viabilité de la capture, du transport et du stockage du carbone en tant qu’industrie évolutive. Anders Opedal, PDG d’Equinor, souligne l’importance de ce projet pour l’avenir de l’énergie propre.
La mise en œuvre de Northern Lights pourrait servir de modèle pour d’autres initiatives similaires dans le monde. En rendant le stockage du CO2 accessible aux émetteurs tiers, le projet encourage les industries à réduire leur empreinte carbone tout en profitant d’une infrastructure sécurisée et efficace.
Les défis et perspectives du stockage de CO2
Bien que le projet Northern Lights soit une avancée significative, il reste des défis à relever. La question de l’acceptabilité sociale et de la perception publique du stockage de CO2 demeure cruciale. Assurer la sécurité et l’efficacité du stockage à long terme est également un enjeu majeur. Cependant, les bénéfices environnementaux potentiels et la contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre sont indéniables.
Alors que la phase 2 du projet se profile, une question essentielle se pose : comment les autres pays européens pourraient-ils s’inspirer de ce modèle pour accélérer leur transition vers des technologies énergétiques plus durables ?







