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La Chine semble avoir fait une découverte majeure dans le domaine énergétique, avec l’annonce de gigantesques réserves de thorium sur son territoire. Cette découverte pourrait potentiellement fournir à ce pays une source d’énergie durable pour des dizaines de milliers d’années. Alors que le monde s’oriente de plus en plus vers des énergies renouvelables et durables, l’initiative chinoise suscite beaucoup d’intérêt. Ce développement pourrait redéfinir le paysage énergétique mondial et renforcer la position de la Chine en tant que leader dans le secteur des technologies nucléaires avancées.
Un réacteur à sels fondus au thorium : une première mondiale
La Chine a marqué une étape importante en octobre 2023 en lançant son réacteur TMSR-LF1. Ce réacteur à sels fondus au thorium a atteint sa pleine puissance en juin 2024, marquant ainsi la première fois qu’une telle technologie est utilisée depuis les années 1960. Avec une puissance de 2 mégawatts thermiques, le TMSR-LF1 démontre le potentiel des réacteurs au thorium comme alternative aux réacteurs traditionnels à base d’uranium. Ce type de réacteur présente plusieurs avantages, notamment une efficacité énergétique accrue et une production de déchets radioactifs réduite.
Les ambitions de la Chine ne s’arrêtent pas là. Un démonstrateur de 10 MWth est actuellement en construction, et des réacteurs modulaires de 100 MWe sont prévus pour 2030. La conception d’un cargo géant, le KUN-24P, équipé de réacteurs au thorium, est également en cours. Ces projets illustrent la détermination de la Chine à se positionner à la pointe de la technologie nucléaire.
Abondance de thorium sur le sol chinois
Les ressources en thorium de la Chine semblent être vastes, si l’on en croit les récentes publications. Un rapport de 2020, mentionné par le South China Morning Post, souligne que la Chine dispose de réserves de thorium bien plus importantes que prévu. Les estimations couvrent 233 sites d’intérêt, du Xinjiang au Guangdong. La particularité de ce rapport est de considérer les ressources en thorium présentes dans les déchets miniers, ce qui pourrait transformer des sites jusqu’ici inexploités en sources d’énergie précieuses.
La découverte de ces gisements de thorium pourrait transformer la Chine en un leader incontesté dans l’utilisation du thorium pour la production d’énergie nucléaire. Cependant, l’exploitation de ces ressources pose des défis techniques et économiques importants. La complexité de l’extraction et le coût potentiel des opérations pourraient influencer la viabilité de ces projets à long terme.
Des déchets miniers riches en thorium
Deux exemples frappants illustrent le potentiel des déchets miniers. Une mine de fer en Mongolie-Intérieure produit suffisamment de thorium pour alimenter tous les foyers américains pendant plus de 1 000 ans. De son côté, le complexe minier de Bayan Obo, connu pour ses terres rares, pourrait produire jusqu’à un million de tonnes de thorium. Cette quantité serait suffisante pour subvenir aux besoins énergétiques de la Chine pour plus de 60 000 ans. Ces chiffres impressionnants montrent à quel point le thorium pourrait devenir une ressource clé pour la Chine.
Toutefois, il est essentiel de considérer les aspects économiques de l’exploitation de ces ressources. Bien que ces chiffres soient prometteurs, les coûts d’extraction et de transformation du thorium pourraient limiter l’adoption de cette technologie à grande échelle. La Chine devra surmonter ces obstacles pour réaliser pleinement le potentiel de ses vastes réserves.
La Chine en tête de la course technologique
En investissant massivement dans la recherche et le développement du thorium, la Chine se positionne comme un leader potentiel de la technologie nucléaire du futur. Les projets en cours, tels que les démonstrateurs et les réacteurs modulaires, témoignent de cette ambition. Cependant, le succès de ces initiatives dépendra de nombreux facteurs, dont la capacité de la Chine à surmonter les défis techniques et économiques liés à l’exploitation du thorium.
Le rôle de la Chine pourrait être déterminant dans la transition énergétique mondiale. En diversifiant ses sources d’énergie et en misant sur des technologies innovantes, elle pourrait influencer d’autres pays à suivre son exemple. Pourtant, la question demeure : la Chine parviendra-t-elle à réaliser ses ambitions et à transformer le thorium en une ressource énergétique fiable et économique à long terme ?








Est-ce une manœuvre géopolitique de la Chine pour dominer le marché énergétique mondial ?
Comment la Chine gérera-t-elle les défis économiques liés à cette nouvelle technologie ?