Afrique : le fonds d’investissement Meridiam investit le marché énergétique

By on 03/03/2016

Le mois dernier, le fonds européen Meridiam annonçait s’être allié au Fonds souverain sénégalais (Fonsis) pour lancer la construction d’une centrale solaire au Sénégal. D’une puissance de 30 mégawatts, cette installation marque la première intervention de la société d’investissement dans le secteur énergétique africain.

Un budget de plus de 41 millions d’euros

Spécialisé dans l’investissement privé dédié aux projets d’infrastructures en Europe et aux Etats-Unis, le fonds européen Meridiam a décidé, dès 2014, d’étendre son champ d’action à l’Afrique en créant un nouveau véhicule d’investissement, le fonds Meridiam Infrastructure Africa Fund. A l’époque, l’objectif était clair : investir dans le secteur énergétique et les transports.

Le premier projet de la société d’investissement sur le territoire africain a été révélé le mois dernier et concerne la création d’une centrale solaire qui se situera à Santhiou Mékhé, au Sénégal. Pour ce premier projet sur le continent, la société s’est associée au Fonds souverain sénégalais (Fonsis) pour investir au total 27 milliards de F CFA (soit 41,16 millions d’euros) via une structure commune créée à cette occasion, la société Senergy PV SA.

Les capacités de production énergétique de la centrale solaire de Santhiou Mékhé devraient monter à 30 mégawatts et permettre de renforcer significativement le réseau national électrique. La mise en service de l’installation est prévue pour décembre 2016, une étape importante pour le fonds Meridiam qui, grâce à l’énergie solaire, voit ses ambitions en matière de développement économique s’étendre au marché africain.

Les conditions climatiques africaines offrent un potentiel exceptionnel en matière d’exploitation d’énergie solaire, notamment dans la bande sahélienne. Selon le centre de recherche européen JRC (Joint Research Center), le taux d’ensoleillement est si élevé dans certaines régions d’Afrique que la production d’énergie d’un panneau photovoltaïque peut être multipliée par deux par rapport aux résultats donnés par un même panneau installé en Europe centrale.

Partout dans le monde, les pouvoirs publics et les acteurs du secteur énergétique sont de plus en plus nombreux à s’appuyer sur l’énergie solaire pour répondre à des besoins à la fois environnementaux et économiques.

Si la croissance de l’éolien en fait aujourd’hui la première énergie renouvelable en Europe, la filière photovoltaïque bénéficie également d’une progression qui ne faiblit pas, portée par des projets ambitieux développés à l’initiative de professionnels qui n’hésitent pas à user d’innovation et de volonté pour développer cette industrie et la rendre compétitive.

Explosion du nombre de projets à travers le monde

Autrefois perçue comme une énergie marginale, réservée à des écologistes forcenés ou aux seuls amoureux de la nature, l’énergie solaire a entamé il y a déjà quelques années une phase de démocratisation, favorisée par l’urgence environnementale à laquelle le monde entier doit désormais faire face.

Propre et durable, cette énergie s’inscrit parfaitement dans les stratégies énergétiques qui préconisent le recours aux énergies renouvelables pour permettre d’envisager et de construire un avenir décarboné, seule solution pour contrer les dérives climatiques actuelles et futures.

Cet engouement pour le solaire a permis au secteur de surfer sur une vague d’investissements massive, permettant la multiplication des projets aux quatre coins du globe. En 2014, la filière solaire concentrait ainsi davantage d’investissements que l’éolien. Le développement de l’industrie est à l’origine d’une baisse des coûts de production qui favorise également l’essor de cette énergie. La société américaine IHS (Information Handling Services Incorporated), spécialiste en études et en conseil dans le domaine de l’énergie et de l’ingénierie, estime à 40 % en moyenne la croissance du secteur pour les prochaines années.

L’envolée de l’énergie solaire est notamment portée par l’action de certains acteurs du secteur, qui font preuve d’un certain volontarisme pour faire de cette énergie un poids lourd d’un futur modèle énergétique global. Avec son plan « Cap 2030 », EDF prévoit de doubler ses capacités de production renouvelable en Europe au cours des quinze prochaines années. Ce programme entend booster les projets du groupe dans l’éolien mais aussi dans le solaire où des chantiers sont prévus, non seulement en Europe mais également en dehors du Vieux Continent.

Jean-Bernard Levy était en début de mois à La Réunion pour inaugurer une installation solaire associant production et stockage d’électricité. Intermittentes, les énergies renouvelables nécessitent en effet d’être stockées pour que leur exploitation soit optimisée et éviter ainsi tout gaspillage. Engie est également très actif dans le secteur solaire et a renforcé sa présence sur ce marché en rachetant l’année dernière la société Solairedirect. Cette acquisition permet maintenant au groupe énergétique de disposer du parc solaire le plus important de France avec une capacité installée totale brute de 383 MW.

Aujourd’hui, grâce à ses nombreux atouts, l’énergie solaire jouit d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics, des professionnels de l’énergie et des citoyens du monde entier.

Des nouveaux produits et des services sont d’ailleurs développés pour impliquer davantage le grand public dans une action qui placerait l’énergie solaire au cœur d’un nouveau mode de consommation énergétique, à la fois responsable et économique. Entre le service « Sunroof Project », créé par Google, qui permet aux ménages de savoir s’il est judicieux d’installer un panneau solaire sur le toit de leur maison ou encore la Smartflower d’EDF, véritable générateur photovoltaïque à domicile, les moyens sont plus que jamais mis en œuvre pour que l’énergie solaire prenne la place espérée dans le mix énergétique de demain.

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