Boudé lors de la COP21, le nucléaire se rattrape au salon WNE

By on 04/07/2016

 

Très peu évoquée lors de la conférence internationale sur le climat organisée à Paris, en décembre dernier (COP21), l’énergie nucléaire était à l’honneur du 28 au 30 juin 2016, au Bourget, pour la seconde édition du salon World Nuclear Exhibition (WNE). Plus de 650 professionnels et de nombreux officiels français et étrangers étaient présents pour aborder les atouts de l’atome dans la lutte contre le changement climatique et les nouveaux défis de la filière nucléaire française.

« Le nucléaire est un choix d’avenir »

La seconde édition du salon WNE, organisée par l’Association des industriels français exportateurs du nucléaire (AIFEN), a rassemblé la semaine dernière au Bourget (Seine-Saint-Denis) plusieurs centaines d’exposants français et internationaux, dans le but de promouvoir la filière industrielle nucléaire et d’encourager une tendance actuelle favorable au développement de l’atome. Cet événement biennal fut également l’occasion d’évoquer, entre autres, les avantages de cette énergie abordable, sûre et décarbonée, dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Présent à l’ouverture du salon mardi 28 juin dernier, Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, a rappelé les défis climatiques qui pèsent aujourd’hui sur le système énergétique mondial et tout l’intérêt de maintenir une filière nucléaire forte dans l’avenir. « Après Fukushima, certains pays ont fait le choix de quitter le nucléaire pour aller vers le charbon et la lignite. C’est un choix qui peut paraître compétitif mais ce n’est pas un bon choix. Le nucléaire est un choix français et un choix d’avenir », a affirmé le ministre.

L’ère post-COP21 et la volonté absolue de lutter contre le réchauffement climatique, constituent en effet pour de nombreux acteurs de la filière nucléaire une opportunité majeure de développement. L’année 2015 en est la preuve avec une forte progression de la puissance installée dans le monde, la plus forte progression qu’a connu la filière depuis 25 ans assure l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Un marché de 950 milliards d’euros

L’objectif de ce salon était également de mettre en contact l’ensemble des acteurs du secteur et de susciter des partenariats à l’échelle nationale ou internationale dans une filière qui retrouve de l’allant. De futurs partenariats ou contrats ont pu être évoqués à cette occasion entre les géants du secteur et les centaines de PME évoluant dans l’ombre.

En effet, si le gouvernement a fait le choix de réduire la part de l’énergie nucléaire dans le mix énergétique français – de 75 à 50 % d’ici 2025 –, le marché national reste relativement dynamique au regard des investissements qui sont ou qui devront être engagés pour la maintenance et l’adaptation des infrastructures existantes. « Notre objectif n’est pas un abandon du nucléaire mais une réduction de sa part pour favoriser le développement de nouvelles énergies », a réaffirmé Emmanuel Macron, mettant en avant une dernière fois la complémentarité existante entre les énergies renouvelables « décentralisées et intermittentes » et le nucléaire « centralisé et stable ». Le groupe EDF, par exemple, a entamé dans le cadre du « grand carénage » un plan d’investissements de 51 milliards d’euros de travaux de rénovation et de modernisation de ses 58 réacteurs français, dans le but de prolonger leur durée d’exploitation au-delà de 40 ans. Soit autant d’opportunités de développement pour les PME du secteur.

Les perspectives restent également prometteuses sur le marché international, grâce aux besoins énergétiques croissants des pays développés couplés aux nouvelles préoccupations environnementales. 435 réacteurs étaient opérables dans le monde au début de l’année 2014 et 68 réacteurs sont actuellement en cours de construction dans quinze pays différents. La capacité de production nucléaire mondiale devrait même augmenter de 60 % à l’horizon 2040 selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), pour atteindre 583 GW. Un marché gigantesque, donc, estimé aujourd’hui à près de 950 milliards d’euros et sur lequel la France entend bien se positionner.

 

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