Méconnue en France, la start-up Guardant Health poursuit sa lancée

By on 26/03/2019

Boudée par les médias français, la start-up californienne Guardant Health continue son irrépressible ascension sur les marchés outre-Atlantique. Derrière ce succès, se trouve le Guardant360, un outil de médecine de précision qui permet le dépistage de plusieurs types de cancers à partir d’échantillons sanguins. Peu connue en France, l’entreprise aura tout de même retenu l’attention de plusieurs investisseurs hexagonaux, comme SGH Capital, dirigé par le français Alexandre Azoulay.

 

Leader du marché

Au fil des années, la médecine de précision s’est imposée comme le domaine le plus attractif du secteur de la santé pour les investisseurs internationaux. Mais si le « too big to fail » marque encore les grandes tendances du secteur, le marché s’est complexifié et des projets alternatifs connaissent désormais un succès galopant. C’est le cas de la start-up californienne Guardant Health, qui réalise depuis deux ans une des meilleures performances de tout le secteur médical.

Introduite sur le Nasdaq en octobre 2018, elle a depuis conquis la bourse : son action a ainsi progressé de 78 % depuis le début d’année. L’an dernier, ses recettes ont connu une augmentation de 64%, pour atteindre 32.9 millions de dollars. Dans le même temps, son chiffre d’affaire a progressé de 95%, et l’entreprise a dégagé une marge nette de plus de 50%. Le marché sur lequel elle est positionnée (la médecine de précision, adaptée à la détection de cancers) devrait rapidement atteindre 100 milliards de dollars.

Toutefois, rares sont les investisseurs qui ont vu le coup venir. A son lancement, Guardant Health a été investie par le Japonais Softbank, la banque américaine JP Morgan mais aussi le fond SGH Capital, qui a eu le nez creux car la médiatisation de la start-up était pour ainsi dire inexistante à l’époque.

Traiter les patients en prenant la génétique en compte

Guardant Health propose une biopsie liquide – un test sanguin qui permet de détecter le cancer dans ses étapes les plus précoces. Cela est possible grâce à une analyse des caractéristiques moléculaires et génétiques du sang des patients, les cellules cancéreuses perdant de petits fragments d’ADN en circulant à travers le corps des malades. D’après l’American Medical Association, il aurait d’ailleurs permis de meilleurs résultats que les biopsies des tissus dans la recherche de mutations cancéreuses. En outre, la procédure proposée par l’entreprise est beaucoup moins intrusive que les tests classiques, et les résultats disponibles sous 9 jours – contre 15 pour les tests sur tissus.

Aux Etats-Unis, les tests Guardant360, lancés en 2014, ont déjà été commandé plus de 70 000 fois. La start-up peut aussi se vanter d’un taux de satisfaction record : plus de 80% de retours des professionnels de santé ayant eu recours à son test ont été positifs. Aussi, Guardant360 a le potentiel de porter la capitalisation boursière de l’entreprise encore plus haut (sa valeur est actuellement estimée à un peu plus de 5,7 milliards de dollars).

Autre point non négligeable : si aujourd’hui la compréhension des caractéristiques génétiques des tumeurs demeure complexe, elle pourrait rapidement devenir la norme. Aussi, il est fort à parier qu’une erreur de traitement due à une compréhension insuffisante des caractéristiques spécifiques d’un cancer pourrait prochainement donner lieu à des poursuites pour négligence – en particulier dans un système de santé libéral comme celui des Etats-Unis.

Prévenir la récidive, une obligation autant qu’un marché

La recherche de cancer aux étapes les plus précoces de la maladie représente un marché croissant. Guardant Health estime que 700 000 patients supplémentaires auront recours, à terme, à une solution de détection avancée de cancers – un marché représentant en tout près de 6 milliards de dollars annuels. Mais elle estime que sa croissance s’appuiera également sur un autre facteur : la récidive cancéreuse.

On compte aujourd’hui 15 millions de patients en rémission aux Etats-Unis. Ces derniers doivent suivre des tests réguliers pour s’assurer que la maladie ne repart pas. A cela, il faut ajouter 35 millions de patients à risque, qui devraient également faire l’objet d’un suivi médical continu. C’est pour ces nouveaux pools que l’entreprise a annoncé de nouveaux tests en janvier dernier : Lunar 1 et 2, chacun adaptés aux besoins des deux groupes. Les premiers tests cliniques pour ces outils devraient commencer durant l’année, et si leur réussite n’est pas garantie, la fortune de leur prédécesseur les place déjà sous de bons auspices.

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