Chauffe-eau solaire : du soleil pour chauffer l’eau des foyers français

By on 25/07/2017
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Encore méconnu du grand public, le chauffe-eau solaire est une solution innovante et écologique pour la production d’eau chaude. Les territoires insulaires en sont déjà les principaux bénéficiaires.

Enfin les vacances ! On a tous besoin de repos, de nature, de soleil. Justement, pendant que de nombreux Français se demandent quelle serait la meilleure destination de l’été, d’autres cherchent la façon la plus efficace de profiter de l’énergie du soleil pour contribuer à la transition énergétique.

Bien que méconnu du grand public, le chauffe-eau solaire est une solution idéale, à la fois pour le consommateur et l’environnement. Destiné à fournir de l’eau chaude sanitaire, ce dispositif de captage de l’énergie solaire permet aux particuliers de faire des économies d’énergie, la production d’eau chaude pouvant représenter jusqu’à 40 % de la facture énergétique d’un foyer français.

EDF estime qu’un chauffe-eau solaire avec 2 à 3,5 m2 de capteurs, installé dans le sud de la France (3 à 5,5 m2 dans le nord), « permet de produire 50 à 80 % de la consommation d’eau chaude d’une famille de 3 à 4 personnes ». L’électricien ajoute que « les jours de faible ensoleillement, une résistance électrique placée dans le ballon prend le relais afin de disposer d’eau chaude en continu ».

Côté environnement, les avantages ne sont pas moins importants. Le chauffe-eau solaire permet de diminuer les émissions de CO2, puisque la captation solaire ne provoque aucune émission polluante. Il permet également de préserver les énergies fossiles qui brûlent pour apporter de l’énergie et sa généralisation permettrait de décharger le réseau électrique et remplir les objectifs de la transition énergétique.

Comment marche un chauffe-eau solaire ?

Le chauffe-eau solaire est composé de panneaux ou tubes thermiques photovoltaïques qui permettent de capter l’énergie du soleil afin de la transformer en chaleur. Généralement placés en toiture, les capteurs transmettent la chaleur au tube du circuit hydraulique qui est rempli d’eau ou de liquide caloporteur.

Une fois chauffé, ce liquide se dirige vers un ballon de stockage et transmet la chaleur à l’eau contenue dans le ballon. Enfin, lorsque le liquide caloporteur refroidit, il repart vers le capteur pour être à nouveau chauffé.

Afin d’encourager le déploiement du chauffe-eau solaire à grande échelle, l’Etat a mis en place plusieurs types de subventions. Ainsi, l’installation de ce dispositif donne droit à un crédit d’impôt transition énergétique à 30 %, mis en place en 2014 pour soutenir les particuliers qui souhaitent réduire leur consommation énergétique.

Ceux qui décident de se lancer dans l’aventure peuvent également prétendre à la Prime Energie, une aide permettant d’amortir le coût des travaux de rénovation énergétique. De son côté, l’Agence nationale de l’amélioration de l’habitat (Anah) propose des éco-subventions qui visent à améliorer l’efficacité énergétique des foyers. Enfin, il est également possible de bénéficier d’un éco-prêt à taux zéro, d’un taux de TVA réduite à 5,5 % et, selon les cas, de primes à l’équipement municipales, régionales ou départementales. Le but, on l’aura compris, est de démocratiser ce dispositif en métropole mais aussi dans les territoires insulaires.

Les spécificités des territoires insulaires

A La Réunion, territoire où le dispositif a su séduire un large public, EDF en collaboration avec sa direction SEI (Systèmes énergétiques insulaires) propose Agir Plus, une prime d’un montant de 300 € pour l’installation d’un chauffe-eau solaire de moins de 300 litres et 600 € pour un chauffe-eau de 300 litres et plus. Il faut dire que l’ensemble de dispositifs installés sur l’île permet d’éviter chaque année le rejet de 170 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère, et qu’un seul chauffe-eau solaire peut y assurer de 75 à 100 % des besoins d’eau chaude sanitaire. D’après les chiffres d’EDF, La Réunion est la région d’Europe la mieux équipée après Chypre, avec 140 000 maisons individuelles disposant déjà d’un chauffe-eau solaire.

Mais la Corse n’est pas en reste. Fabiana Giovannini, présidente de l’Agence d’aménagement durable, d’urbanisme et d’énergie de l’île, a lancé en février 2017 une charte régionale dans laquelle les installateurs s’engagent à respecter plusieurs critères d’éthique. L’objectif est d’apporter des garanties aux consommateurs pour permettre la relance d’installations de chauffe-eau. Pas moins de 10 000 foyers corses devront être équipés d’ici 2023.

Ce n’est pas un hasard si les îles semblent plus intéressées par le système proposé par EDF-SEI. Ne bénéficiant pas, ou très peu, d’interconnexions à un réseau électrique continental, elles doivent produire elles-mêmes l’énergie qu’elles consomment, ce qui se traduit généralement par des tarifs plus élevés qu’en métropole.

Or, les territoires insulaires sont caractérisés par des économies fragiles, une croissance démographique forte et une population jeune importante. La consommation énergétique a augmenté de 3,8 % par an en moyenne pour l’ensemble des DOM (contre 1 % par an en métropole continentale). Par ailleurs, la production reste encore majoritairement carbonée, à base de pétrole et de charbon. Dans ce contexte, le développement des énergies alternatives est un défi majeur pour ces territoires.

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